Euralis partenaire de Bio Béarn

 

La coopérative Euralis est partenaire de BioBéarn, une unité de méthanisation exploitée par TotalEnergies. Alimentée en déchets organiques fournis notamment par Seretram et par des éleveurs identifiés par la coopérative, cette nouvelle unité produit du biométhane et du digestat que les agriculteurs peuvent utiliser via l’épandage en lieu et place des engrais chimiques. Explications.

 

Le projet BioBéarn a été engagé dès 2016, en concertation avec les parties prenantes locales, et Euralis s’est rapidement positionné comme l’un des partenaires principaux. « C’est un projet au long cours » précise Christian Matheu, responsable développement de la filière méthanisation chez Euralis. « En effet, les premiers épandages de digestat viennent d’être réalisés ».

 

Ce partenariat permet, chaque année, de :

– valoriser 95 000 tonnes d’intrants d’origine agroalimentaire (majoritairement des broyats de maïs doux fournis par Seretram et quelques déchets d’abattoirs) ou d’origine agricole (des lisiers de porcs, bovins et canard) ;

– produire dans un premier temps 69 GWh de biométhane et 86 000 m3 de digestat liquide puis, à pleine capacité, 160 GWh de biométhane (soit l’équivalent de la consommation annuelle moyenne de 32 000 habitants) et 200 000 tonnes de digestat (évitant 5 000 tonnes d’engrais chimique).

 

« Le digestat est un fertilisant naturel valorisé en épandage agricole sur des parcelles cultivées par des exploitants dans un rayon de 50 km autour de l’unité » poursuit Christian Matheu.

 

La contribution d’Euralis au projet

 

Euralis a contribué à ce projet de méthanisation de plusieurs façons. D’abord, pour la partie intrants, la coopérative a participé à la recherche de déchets végétaux : elle a mobilisé Seretram, un de ses partenaires historiques, qui fournit 45 000 tonnes de broyats de maïs doux par an, soit un peu plus de la moitié de la biomasse. Elle a aussi identifié une partie des éleveurs susceptibles de fournir du lisier. A ce jour, ils sont une petite centaine, éleveurs de porcs et de palmipèdes opérant dans un rayon de 50 km autour du méthaniseur. En aval, Euralis, a mobilisé les agriculteurs susceptibles d’adhérer au plan d’épandage. « Sur le terrain, nos conseillers d’exploitation leur ont expliqué l’intérêt qu’ils avaient à utiliser du digestat, un fertilisant naturel compétitif. Il a fallu faire de la pédagogie » souligne Christian Matheu.

 

Les avantages de l’épandage pour les agriculteurs

 

A ce jour, 161 agriculteurs font partie du plan d’épandage. Tous se situent dans un rayon de 50 km autour du site BioBéarn. Utiliser ce fertilisant naturel leur permet de réduire de moitié leur consommation d’engrais chimiques (2 230 tonnes par an) et donc de réaliser des économies (environ 18 % de réduction des coûts des engrais, prestation d’épandage inclue). L’épandage a aussi un intérêt agronomique. Riche en éléments fertilisants, le digestat ne contient pas d’indésirables, uniquement de l’azote et du carbone organique qui nourrit le sol, et de l’azote ammoniacal, qui nourrit la plante. Enfin, le digestat est hygiénisé ; il a donc l’avantage de ne pas avoir de nuisances olfactives.

 

Une montée en puissance de l’unité de méthanisation

 

Dans les mois qui viennent, l’unité de méthanisation va monter en puissance et la quantité d’intrants devra augmenter en conséquence, afin d’atteindre les 160 GWh de production de biométhane visée par TotalEnergies Nous étudions notamment la production de cultures intermédiaires à vocation énergétique (cultures fourragères ou céréales par exemple) pour atteindre cet objectif. « Nous sommes fiers de contribuer à ce projet de méthanisation et d’embarquer des agriculteurs à nos côtés. C’est une façon d’encourager les pratiques agricoles durables et de permettre aux exploitants de réaliser des économies sur les coûts des intrants. Cette production d’énergie verte contribue également à la souveraineté énergétique de la France et à la vitalité économique du territoire. En effet, l’unité BioBéarn a créé 5 emplois directs et une vingtaine d’emplois indirects. Tout cela est parfaitement en ligne avec la stratégie d’Euralis et nos engagements RSE en particulier » souligne Laurent Dubain, directeur général du Pôle Agricole.

 

Jean-François Cazeres, agriculteur à Momas, fait partie du plan d’épandage Jean-François Cazeres a une ferme familiale en Gaec, avec sa femme et son fils, en polyculture (haricots verts et maïs semence) et élevage (bovins viande). « C’est mon conseiller d’exploitation qui m’a parlé du plan d’épandage courant 2021. J’ai accepté sa proposition pour deux raisons. D’abord, parce que cela me permet de réaliser des économies sur les coûts des intrants, surtout depuis la récente flambée des prix ! Ensuite, parce que j’y vois un intérêt agronomique : avoir recours à l’épandage, c’est utiliser moins de produits chimiques et donc avoir un sol plus équilibré en oligo-éléments, moins acidifié. J’attends les premiers épandages au printemps. J’ai hâte de voir les résultats »

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